Ce blog est tenu par une fille un peu folle qui aime raconter sa vie. Mais il a aussi pour vocation de vous donner des informations sur la filière ES au lycée. Bonne visite !
Voilà un article que j’avais envie d’écrire il y a un certain temps déjà. Mais mes pensées étant occupées par le bac blanc, je n’ai jamais pris le temps de m’y mettre. Maintenant que tout cela est derrière moi, je peux enfin l’écrire. Et cette fois, je vais faire l’effort de ne pas faire un article trop long.
Je voulais évoquer aujourd’hui un sujet qui fait toujours naître en moi une sorte de révolte : celui du respect des consignes. Sujet qui semble banal, n’est-ce pas ? D’apparence très simple, il cache en vérité un problème bien plus complexe qu’il n’y parait. Il ne s’agit pas, en effet, de lire la consigne, de la respecter et de ne plus en parler. Ce serait tellement simple, et cela éviterait que germe en moi un sentiment d’injustice. Il y a aussi le problème de ceux qui ne la respectent pas. Là encore, cela pourrait être simple. Il suffirait de pénaliser ceux qui s’en éloignent, afin de créer un peu de justice.
Cependant, la réalité est très différente. Et c’est agaçant pour les élèves qui, comme moi, se retrouvent pénalisés pour s’être tenus à ce qu’on leur demandait.
Prenons un exemple très simple, le cas d’un devoir surveillé en anglais. La consigne demande d’écrire un essai qui devra faire autour de 250 mots, il ne faut donc ni trop dépasser, ni en faire moins. D’ailleurs, je trouve cette consigne tout à fait scandaleuse, je tenais à le préciser. Quel est le but de cet exercice, est-ce vraiment de montrer notre niveau en anglais ? Ou d’épargner du travail à ces pauvres professeurs ? Comment peut-on réutiliser des structures, rajouter des « petits » mots pour améliorer notre texte, lorsqu’on nous demande de ne presque rien écrire ? Parfois, je me demande vraiment à quoi pensent les professeurs.
Agacée par cette consigne qui m’empêche de faire un bon travail et de jouer avec la langue, car cela me force à chasser tous les « petits » mots qui pourtant contribuent à la finesse de la langue, je me force quand même à la respecter, de peur d’être pénalisée. On nous a assez mis en garde : celui qui fera trop de mots se verra sévèrement pénalisé.
Au rendu du DS, ma note est très médiocre. Evidemment, que pouvais-je écrire en seulement quelques lignes ? Après avoir supprimé une bonne partie de mes mots, mon texte ne montrait en aucun cas que je maitrisais la langue, et cela m’a aussi empêché de développer mes idées.
Cela n’est pas très grave, me dis-je, je vais progresser, comme le feront les autres. Je ne me laisse pas abattre pas cette note moyenne mais pas catastrophique. Jusqu’à ce que, au moment où je demande à la prof comment on est censés écrire un essai en aussi peu de mots, elle me réponde que de toute façon elle ne nous a pas pénalisés si nous avons trop dépassé le nombre de mots attendus.
C’est bien beau, de nous le dire après ! Voilà donc comment je me retrouve à être pénalisés pour avoir respecté une consigne. Les élèves qui ne le font pas sont nombreux, ils dépassent de beaucoup le nombre de mots, et leur copie est donc meilleure. Cela est logique. Comment se fait-il, donc, qu’ils se retrouvent avantagés par rapport à moi alors qu’ils sont en faute ?
L’année dernière, déjà, je m’étais énervée contre une prof d’anglais que pourtant j’adorais, mais elle n’avait jamais voulu comprendre le problème.
L’anglais n’est qu’un exemple parmi d’autres matières, car bien souvent, les professeurs sont indulgents quand les élèves dépassent le nombre de mots, de pages autorisés.
Est-il donc légitime de respecter les consignes dans ces conditions ? Depuis toujours, de peur d’être pénalisée, j’essaie de les suivre, de faire ce qu’on me demande. Mais combien de fois cela m’a-t-il avantagée, finalement ?
Je me pose toujours la question. Après tout, les mises en garde des professeurs sont parfois très fermes, me donnant l’impression que cette fois ils seront sans pitié. Pourtant, ils continuent à être indulgents.
En fin de compte, peut-être me serait-il plus bénéfique d’agir comme je le souhaite, sans tenir compte d’un nombre de mots, de pages attendus. Surtout lorsque je trouve leur consigne complètement insensée. Mais en attendant, cette injustice m’agace toujours. J’ai une amie qui n’aime pas synthétiser et dépasse toujours. Elle est contente de ne pas être pénalisée, évidemment, et je m’en réjouis, mais elle comprend tout de même très bien mon point de vu.
Quand je pense à cette histoire, ça me met immédiatement en colère. Que faire ? Je crains que le jour où je commencerai à prendre quelques libertés soit le mauvais. Alors je continue, je respecte, et j'y perds toujours. Peut-être qu'un jour, les professeurs comprendront.